Au bord de l'Aven, dans l'anse de Poulguin, sirène pétrifiée
D'avoir trop attendu que l'onde ne vienne la reprendre,
Pour ne pas se souiller dans la vase de la rivière,
A moins que ce ne soit d'avoir attendu
Un prince charmant qui n'est jamais venu.
Cette vidéo tournée en mai 2012 nous permet de suivre Nathalie Delliou, animatrice nature, qui présente les différents territoires de l'agglomération de Concarneau Cornouaille (CCA) : Rosporden , Pont-Aven, les rives de l'Aven, Port Manec'h, Névez, Trévignon, Trégunc, Concarneau... Suivez le guide !
Arbres,
La tête dans les nuages,
Sous l'ondée et sous l'orage;
La ramure dans les vents,
Feuillage frissonnant ;
Et les troncs qui oscillent,
A vous donner le tournis.
Le Hénan au couchant : c'est un endroit paisible, au bord de l'Aven. La marée remonte la rivière, au pied du château caché là-haut dans la forêt, et s'en va remplir l'étang qui jadis alimentait le moulin à marée.
La pluie essuie les pommes oubliées, les feuillages se parent de couleurs fauves et tiennent à peine aux branches. Un souffle humide les fait choir pour former peu à peu un épais tapis roux sur le sol des allées. Les coprins et autres champignons hissent leur chapeau au-dessus de la jonchée ou de la mousse.
Au départ de Kerambris, sur la commune de Névez, après avoir contourné les habitations, le sentier oblique sur la droite et longe une prairie naturelle où croissent remarquablement diverses plantes.
Cet espace est fortement exposé aux embruns et les rares arbres qui y poussent en portent les marques. Les fleurs jaune vif des laiterons sont abondantes. Quelques touffes de marguerites jaillissent ça et là.
Le salsifis des prés se ferme par temps maussade, ou aussi en plein soleil, l'apès-midi ! Il laisse alors dépasser comme une barbiche ; on l'appelle parfois barbe-de-bouc.
Le lin à feuille étroite et le géranium sauvage s'épanouissent.
Les vesces rampent et tentent de s'accrocher aux plantes voisines par une vrille.
Puis le sentier s'enfonce dans un chemin creux bordé de cerfeuils sauvages, à l'ombre de chênes ou de frênes ancestraux protégés par le vallon.
Ce matin, dissimulés sur les plus hautes branches, les oiseaux s'égosillent à qui mieux mieux. Plus bas, les insectes s'attardent sur les ombelles.
A travers les feuillages nouveaux, les rayons du soleil caressent les fougères naissantes, touffes de scolopendres ou fougères aigles aux crosses élégamment spiralées .
Sur les bords du chemin et sur les murets, de nombreux orchis retiennent l'attention, un instant, éblouissants de splendeur.
Près de la fontaine délaissée, le pissenlit finit de semer ses akènes à tout vent.
Tout à côté, le ruisseau longe un verger oublié, inattendue clairière au milieu des buissons, lieu de délices où volettent les papillons, de fleurs en fougères puis de fougères en arbrisseaux.
Le tircis se repose sur une fougère ensoleillée après avoir mené une lutte aérienne acharnée contre un congénère, pour défendre son territoire.
Posé sur un géranium "herbe à Robert", une tâche orange à l'extrémité de ses ailes fatiguées, cet aurore mâle à l'air d'avoir bien souffert.
L'azuré et l'argus vert explorent l'espace fleuri.
L'arum sauvage déploie son cornet typique et décèle sa tige florale (spadice).
Comme un balcon sur la mer, le phare de Port Manec'h domine l'entrée de la ria de l'Aven. Le chemin côtier ondule et serpente dans les rocailles fleuries, au-dessus du précipice vertigineux de la falaise rocheuse.
De criques en promontoires, le sentier traverse autant de jardins naturels qui plongent vers l'océan, trente ou quarante mètres plus bas.
Les asphodèles côtoient les bruyères et les ajoncs.
Les hampes florales des asphodèles portent une grappe de fleurs s'épanouissant de bas en haut. Chaque fleur formée de trois sépales et de trois pétales indifférenciés porte six étamines.
Sur les rochers ou dans les pelouses océaniques, l'armérie maritime déploie un joli tapis rose.
L'armérie maritime résiste bien aux éléments marins. Elle possède une hampe florale se terminant par une belle boule de fleurs serrées.
Les touffes de silènes se répandent assez communément. Le calice tubulaire et nervuré de la fleur du silène se termine par cinq pointes.
Les fleurs du polygale sont très discrètes et très délicates.
En catimini, l'orpin aux feuilles charnues résistantes à la sécheresse prépare sa floraison.
L'églantine, rose pimprenelle, s'aventure dans les broussailles au sommet de la falaise.
Dressée sur sa hampe robuste, les fleurs de l'orchis se frippent déjà.
Quelle drôle d'idée de venir se promener par ici, nu pied !
Les pins sont mis à rude épreuve par les vents et les embruns. Malgré leurs multiples blessures, ils préparent, eux aussi, leur floraison. Les cônes mâles libéreront dans l'air une grande quantité de pollen.
Les cônes femelles capteront les grains de pollen. Après la pollinisation, des graines se développeront à l'intérieur du cône femelle.
Un escadron de bibios, pattes pendantes, tels des avions ravitailleurs, tournoie maladroitement autour d'une aubépine en fleurs.
Les fougères aigles déplient leurs crosses, gracieuses arabesques.
En fin de journée, de gros nuages chargés de pluie, poussés par un vent de nord, assombrissent le ciel au-dessus de l'embouchure de l'Aven et du Belon.